COLLOQUE

Les vendredi 15 et samedi 16 juin 2001

Les émeutes xénophobes contre les immigrés clandestins marocains en Andalousie:
la politique de l'Union Européenne en question

Comment l'exploitation des immigrés clandestins en Europe,
qui constitue un déni des droits de l'homme et du droit du travail,
pervertit le contenu du "partenariat euro-méditerranéen"

 

Les émeutes xénophobes anti-marocaines des 5, 6 et 7 février 2000 à El Ejido en Andalousie, suite à l'assassinat d'une jeune femme de 26 ans par un malade mental, et les conséquences qui en résultent jusqu'à aujourd'hui, ont mis en lumière la gravité des tensions sociales et des facteurs déstabilisants générés par le recours démesuré et incontrôlé à l'immigration clandestine de main d'œuvre en Espagne comme dans d'autres pays européens: exploitation forcenée de cette main d'œuvre en situation de faiblesse, non application du droit du travail et même des droits de l'homme les plus élémentaires, ségrégation des lieux d'hébergement, sont les conséquences inévitables de ces pratiques illégales mais tolérées, pour ne pas dire encouragées par les employeurs et les pouvoirs publics, qui conduisent au bout de cet engrenage à la montée du racisme et des mouvements politiques d'extrême droite.

Une commission d'enquête internationale, constituée par le Forum Civique Européen, s'est rendue sur place en avril 2000 et a publié un rapport complet qui fait le point sur les évènements d'El Ejido.

Un an après ces évènements, alors que des personnalités espagnoles publient un manifeste pour dénoncer cette situation et exigent que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et fassent respecter les droits et la dignité des immigrés clandestins, nous avons jugé opportun d'organiser à Paris un débat public entre ceux qui se sentent concernés par de tels évènements, pour en prendre toute la mesure et pour mettre en lumière leurs relations avec leur environnement local, européen et international.

En effet, le système économique et social sur lequel repose la production horticole intensive en Andalousie n'est pas un système local isolé: d'une part il participe à la PAC (politique agricole commune) et alimente de ses produits l'ensemble de l'Europe, d'autre part il requiert la force de travail de dizaines de milliers de travailleurs provenant majoritairement du Maroc, mais aussi d'Afrique noire et même d'Amérique du sud. Ainsi cette zone frontalière de l'espace Schengen et de l'Union Européenne est au cœur d'un réseau commercial et financier qui irrigue les plus puissantes structures du commerce alimentaire européen, qui utilise à son profit la situation sociale désastreuse où sont plongées les populations africaines et particulièrement celle du Maroc.

Cette situation est intolérable car elle bafoue les libertés publiques et fragilise l'ensemble des rapports de travail en Europe. Elle menace également de devenir le modèle concret des développements à venir dans le contexte du partenariat euro-méditerranéen. Car si de tels systèmes de production sont tolérés et protégés par les pouvoirs publics sur le territoire même de l'Union Européenne, qu'en sera-t-il dans les régions du sud de la méditerranée où les pays européens proposent de créer une zone de libre-échange selon les principes de l'OMC? Entre le nord et le sud circuleraient sans entraves marchandises et capitaux tandis qu'une stricte politique de visas contrôlerait sévèrement les migrations de main d'œuvre et renforcerait ainsi les pressions sociales génératrices de migrations clandestines. Nous aurions ainsi à la fois paupérisation au sud et extension des zones de non droit au nord. Des questions essentielles sont soulevées par de telles perspectives:

- par quels moyens faire respecter les droits de l'homme et le droit du travail pour les immigrés clandestins ?

- comment réduire les "courants migratoires de survie" autour de la Méditerranée, et obtenir la libre circulation des personnes conformément aux principes du droit international...?

- quelle politique internationale de coopération et de développement pourrait remplacer efficacement les projets de zones de libre-échange articulés sur l'espace Schengen et favoriser le développement durable de ces pays?

C'est pour développer et approfondir ces analyses et ces réflexions qu'un colloque a été organisé à Paris comportant trois sessions de conférences-débats et la projection d'un film sur les évènements à El Ejido.

Les objectifs du colloque étaient les suivants:


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PROGRAMME DU COLLOQUE

Les organisations et personnes intéressées qui souhaitent être informées de la publication des travaux du colloque sont priées de se manifester auprès de:

Marc Ollivier (ISMEA)
Les Arnauds, 38220 St Jean de Vaulx - tél: 04 76 73 12 35 - courriel: mollivier@ismea.org



Comité d'organisation:

Comité de soutien:

AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), LDH (Ligue des Droits de l'Homme - France), FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), FSU (Fédération Syndicale Unitaire pour l'enseignement, la recherche et la culture), SNCS (Syndicat National des Chercheurs Scientifiques), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France)