Qui organise la terreur au Burundi? ?

Qui organise la terreur au Burundi?


Des noms sont connus depuis longue date, notamment celui de l'ex Ministre de l'Intérieur NYANGOMA, opérant depuis le territoire du Zaire avec la bénédiction de Mobutu. D'autres accusations ont été portées dans la dernière période, mettant directement en cause la Présidence de la République. Elles viennent d'être réaffirmées dans un "message au peuple burundais" rendu public le 10 janvier 1996. Ce texte d'une exceptionnelle gravité est co-signé par les dirigeants de la SOJEDEM (Société des Jeunes pour la Défense des Minorités), du STUB (Syndicat des Travailleurs de l'Université du Burundi), du SPPT (Syndicat des Postes Téléphones et Télécommunications), du SLTRE (Syndicat libre des travailleurs de la Régie des Eaux).
"Le présent message est un appel ultime lancé à tous les vrais patriotes, toutes ethnies confondues, pour un sursaut de solidarité nationale. Depuis deux ans le peuple burundais ne cesse de sombrer dans le désespoir et les ténèbres, malmené cyniquement par une piognée de génocidaires-ventriotes propulsés au sommet de l'Etat par le simple hasard de l'histoire. Ce groupe a pour animateur en chef M.Sylvestre NTIBANTUNGANYA, Président inconstitutionnel de la République"
Accusant le Chef de l'Etat d'être "l'homme qui a enseigné et propagé l'idéologie de la division ethnique et de l'extermination, l'instigateur des massacres de Tutsi et de Hutus de l'opposition en octobre 1993", les signataires poursuivent:
"La guerre que mène NTIBANTUNGANYA vise à mettre littéralement à genoux le peuple burundais pour le livrer ensuite à la tutelle étrangère pendant que lui se maintient au pouvoir en Président fantoche.(...) NTIBANTUNGANYA est prêt à régner sans partage sur les cadavres de ses propres concitoyens!(...)"
Le message conclut:
NTIBANTUNGANYA est à la tête d'une armée des Intagoheka (littéralement "ceux qui ne dorment jamais") qui fait la guerre contre son propre pays."
avant d'appeler à "des arrêts de travail pacifiques."

Les informations recueillies au cours de la deuxième quinzaine du mois de janvier faisaient état de débrayages multiples tant dans la capitale que dans l'arrière pays. L'incertitude sur le proche avenir n'en règne pas moins sur le développement ou non du mouvement comme, plus généralement, sur la situation d'ensemble dans le pays.

(information publiée dans le journal "L'Humanité"
du 23 janvier 1996)


Note des animateurs de l'atelier "faire face au développement inégal"

Il nous a semblé significatif de relayer ce message, qui illustre la complicité existant entre pouvoirs du Nord et pouvoirs du Sud, étant donné le poids des syndicats signataires, qui démontre également le rôle que jouent les structures populaires intermédiaires dans la lutte contre les inégalités de développement.
Retour à INES-DEV